« Une compétition ne peut pas être une grande



« C’est la dixième édition du meeting, quels sont les ingrédients qui ont fait le succès de cet événement ?

J’ai toujours voulu gérer un peu, mettre ma patte sur des points importants, qui ont toujours été la priorité à la performance de l’athlète. Une compétition ne peut pas être une grande compétition si tu n’as pas de résultats. Tu peux faire tous les artifices que tu veux, si à la fin, ça se gagne à chaque fois à 5,70 m, ça ne va pas faire vendre le truc. C’est pour ça que j’ai toujours mis la priorité sur la connaissance des athlètes, les mettre dans les meilleures conditions, que ce soit pour leur voyage, leur accueil, et sur la piste.

Et puis après, j’ai eu la chance aussi d’avoir une équipe qui a évolué, mais dont les membres les plus importants n’ont pas changé. Donc du coup, on a une vraie continuité, on a une vraie vision. Avec les athlètes, il faut toujours se montrer convaincant. Mais dans mon cas, je dirais le meeting en lui-même convainc les athlètes sans en faire des tonnes. Et puis pour beaucoup, c’est aussi le plaisir de venir chez moi, tout comme on est content dans deux semaines d’aller chez Duplantis.

Est-ce que la vision que vous aviez ce meeting il y a dix ans correspond à ce qu’il est aujourd’hui ?
Je pense que c’est encore mieux que ce que j’aurais pu espérer. Il y a des trucs sur lesquels j’ai dû faire des concessions, d’autres sur lesquels on a bien progressé. Je voulais mettre en place un meeting qui fasse partie des meilleurs du monde. Où les athlètes viennent, où on a une salle, on a un public, on a tout. Quand je regarde, je crois que j’ai eu 15 records nationaux dans juste deux disciplines, je ne sais pas combien de records personnels, deux records du monde. J’ai plus de 60 athlètes, hommes et femmes confondus différents qui sont venus sauter au niveau international. Ça, ce sont des chiffres incroyables.

« En fait, on a un week-end de saut à la perche, on ne s’arrête pas. Pour les concours de samedi, j’ai à peu près 140 places, j’ai eu plus de 250 inscriptions. On fait des choix à contre-coeur »

Quelles concessions avez-vous dû faire par exemple ?
Il y a des concessions notamment par rapport à la diffusion télé. Il y a eu des années où je faisais un peu comme je voulais, mais on a besoin d’un diffuseur. On est quand même plus que content d’en avoir un. Le meeting n’avait jamais été en semaine, alors quand la chaîne L’Equipe m’a dit :  »Ecoute, dimanche, samedi, pas possible ». On a cherché, l’année dernière, ça avait été un jeudi, et cette année, moi, le vendredi, ça pouvait bien m’aller. L’année dernière, on était sold out le jour-J. Cette année, on est sold out cinq jours avant. Au final, tu te dis que d’une concession que tu n’avais pas voulue au début, c’est presque devenu un point fort.

Où voyez-vous ce meeting dans dix ans ?
Dans les deux, trois ans à venir, j’aimerais pouvoir avoir vraiment ce côté concours international, accueillir encore plus de perchistes. Et de pouvoir avoir une sorte de finale B, qui soit presque un concours international de deuxième niveau. En fait, on a un week-end de saut à la perche, on ne s’arrête pas. Pour les concours de samedi, j’ai à peu près 140 places, j’ai eu plus de 250 inscriptions. On fait des choix à contre-coeur. A l’avenir j’aimerais faire ça sur deux jours au lieu d’un seul, ou même trois. Si je peux accueillir 300 personnes, je ferai. Sur les premières années, j’avais réussi à faire des colloques le dimanche matin, ça avait bien plu. Ce sont des temps que je n’arrive plus à mettre en place, mais que j’arriverai à refaire.

Et la perche, où la densité est de plus en plus grandes ces dernières années, comment la voyez-vous évoluer dans les dix prochaines années ?
Il y a toujours beaucoup de choses qui se passent. Ce qui est assez intéressant, c’est de voir que le niveau global a augmenté un petit peu, il ne faut pas se le cacher. Je pense qu’il y a eu deux choses. Il y a eu toute mon ère où il y a eu beaucoup de perchistes qui se sont retrouvés à se dire que si moi, je pouvais e faire, pourquoi eux, ils n’y arriveraient pas. Je pense que ça a pas mal cassé les codes. On s’est retrouvés avec une nouvelle dynamique, et Duplantis est arrivé dans cette brèche-là. Lui est plus dans un mode où, avec les performances qu’il impose, les mecs savent que s’ils ne se bougent pas le cul, ils ne vont pas exister. Il y a eu les progrès de connaissances d’entraînement. On n’a pas eu de révolution dans notre discipline, le matériel n’a pas tout changé.

Par contre, ce qui est toujours important et intéressant de souligner, c’est que sur l’année, il y a du monde, mais sur le jour J, ce n’est pas la révolution. Aux Jeux Olympiques, 5,90 m, tu es sur le podium. Il y a des années, on disait : si tu ne fais pas 6 mètres, tu ne pourras pas être sur le podium. Mais en fait, c’est arrivé combien de fois où tu avais deux mecs à 6 mètres ? Une fois, en Championnat (aux Europe de 2018 avec Duplantis, 6,05m, et Morgunov, 6m). Et ce n’est jamais arrivé qu’avec 6 m, tu ne sois pas sur le podium. C’est ça qui est intéressant, c’est que beaucoup plus d’athlètes sont capables de faire une grosse performance dans l’année. Mais par contre, le jour J, la pression, ils ne sont pas plus à la gérer.

La semaine prochaine, vous serez de retour en équipe de France pour les Championnats d’Europe, comment vous abordez cette compétition ?
L’objectif, ce sera la finale. Plus, c’est dur. Déjà il faudra être dans les huit. Là, on a la chance, c’est le soir et pas le matin. On gagne un peu là-dessus. Après, je sais qu’en finale, je peux tout faire. Tout est possible. Je n’ai pas de limite. Je ne vais pas m’enflammer en me disant que je vais être sur le podium. Mais je ne peux pas me dire que je ne peux pas me le viser. »



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