
« Comment s’est passée votre semaine, depuis votre abandon au Tour d’Algarve, vendredi dernier ?
Elle a été mouvementée. Mais ça va dans la bonne direction. J’ai eu de la chance, l’équipe m’a rapatrié le plus vite possible : je suis tombé vendredi après-midi, vendredi soir j’étais à Lisbonne et à 5 heures du matin samedi j’étais déjà dans l’avion pour Clermont, à 13 heures j’étais au CHU de Clermont où j’ai été très bien accompagné. J’ai pu attaquer la kiné dès l’après-midi. J’ai repris le vélo en milieu de semaine, l’épaule va de mieux en mieux au fil des jours même si c’est un peu douloureux. Je ne suis pas encore à 100 %, j’arrive à maintenir une position pas inconfortable mais je n’arrive pas à sprinter, dans les relances c’est dur. Mais, tant que la douleur est supportable, il n’y a pas de contre-indication à courir, donc même si ça risque d’être dur ici, je préfère revenir sur un environnement de course et sur des épreuves que j’apprécie beaucoup plutôt que de m’entraîner chez moi.
Pourquoi ces courses vous tiennent-elles à coeur ?
Ce sont deux très belles courses, preuve en est l’évolution de la startlist depuis des années : demain (samedi), il y a un niveau de malade, égal si ce n’est meilleur à certaines épreuves World Tour d’un jour. L’Ardèche accueille les Championnats d’Europe aussi en fin de saison. Je crois que ce sont des épreuves très importantes dans le calendrier. Et il y a aussi ce côté sentimental, c’est ma dixième participation à l’Ardèche, j’ai vu cette épreuve grandir et c’est un plaisir d’y participer une dernière fois. C’est la seule course de l’année où je viens en voiture, et le dimanche soir je dîne à la maison. Ce sont des choses qui comptent aussi, car on est amenés à s’expatrier énormément. Donc la compétition va être très belle et très sympa à vivre.
« J’ai hâte de voir si je peux être au niveau où, secrètement, je voulais être pour finir au top. »
Quel sera votre objectif ?
De ne pas reprendre de risques. D’avoir le stimulus de la course. Après, honnêtement, on va voir ce que je peux faire. La semaine n’a pas été idéale, loin de là, mais en vue de Paris-Nice (du 9 au 16 mars), ça peut me faire du bien. Tout s’annonçait très, très bien, avec des super jambes du Portugal, puis ça a déraillé un peu. Si ça va mieux au niveau de l’épaule, je vais retrouver les jambes que j’avais, c’est une question de jours. Donc je suis content, ce n’est pas une tournée d’adieux mais c’est aussi les dernières fois que je peux en profiter, je compte les jours de course quand même.
Vous vous sentiez en grande forme avant votre chute ?
Franchement, c’est mon meilleur début de saison depuis un bon moment. Il n’y a eu qu’une étape dure (4e à l’Alto da Foia), mais même le dimanche d’avant, sur la Classique Figueira, c’était déjà très bien (12e). Donc c’est très positif. J’ai hâte de voir si je peux être au niveau où, secrètement, je voulais être pour finir au top.
Comment expliquez-vous ces très bonnes sensations ? Vous avez changé des choses cet hiver ?
On a modifié pas mal de choses sur mon entraînement. J’ai changé d’entraîneur, ça se passe très bien. J’ai changé un peu le logiciel sur ma façon de m’entraîner. C’était important, j’ai tendance à toujours m’entraîner très dur, très intense tout le temps, et là, on programme les choses un peu différemment. Pour l’instant, ça marche plutôt pas mal, après il n’y a eu que deux vrais jours de course pour le voir et il faut regarder sur la durée, mais c’est un début plutôt positif. Si j’ai un très bon niveau sur toutes les courses World Tour où je m’aligne, je serais content d’arrêter au top. Mais on n’est qu’en février, on va voir lorsque la concurrence sera au top. »



